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Nataf Ralph

Ralph Nataf | Spectacles

Ralph Nataf



Conteur

Le conte s’adresse à la part intime de nous même. Il parle de nos inquiétudes les plus étranges, nos élans les plus secrets, nos rêves les plus démesurés, sans jamais les nommer ; au dela du sens moral, c’est un sens vital qu’il délivre. Lorsque l’histoire du conte rejoint celle de l’auditeur, le silence se transforme et nous entrons dans une autre écoute.

Ralph Nataf raconte pour tous les âges, de la crèche aux adultes. Son enthousiasme l’a poussé à rencontrer le public dans la rue, plusieurs étés de suite. Sillonnant la France avec son Cyclo-Théâtre, il s’arrêtait dans les villes et les villages, sur les places, les marchés... pour faire découvrir le conte à tous et à chacun.
Son exigence l’a conduit à approfondir sa recherche auprès de conteurs tels que Bruno de la Salle, Henri Gougaud, Michel Hindenoch, Catherine Zarcate... Il élabore et développe une pédagogie qui se veut à la fois ouverte, multiple et cohérente sur différentes dimensions de l’art de conter.

Ralph Nataf participe actuellement à des lectures itinérantes au Cambodge (du 21 Décembre 2009 au 1er Mars 2010). L’Objectif est de faire le tour du Cambodge à vélo, pour lire aux enfants du pays, des Albums Jeunesse avec des intermèdes musicaux et des comptines dans plusieurs langues.
> En savoir plus sur ce projet


PHOTOS (de Brigitte du Pontavice) et JOURNAL DE BORD :






















Première boucle à vélo, qui nous a conduit dans le sud du pays, au bord de la mer, s’est bien passé, avec :

- 2 interventions prévues et organisées par le Sipar*, dans les bibliothèques des écoles publiques,
- des situations improvisées : comme cette animation sur le bord du terrain de volley, à Kep, ou une animation à la nuit tombée, dans un quartier sombre de Kompong Trach, où nous avons trouvé refuge autour d’une lampe devant une maison (trop sombre pour des photos, mais très joli moment où tous les âges étaient mélangés, depuis les plus jeunes, jusqu’aux parents, et les ados)
- des situations organisées la veille avec des lieux rencontrés sur place, comme l’école Française de Kep**, ou la crèche de Sihanoukville**
Retour sur Phnom Penh le samedi 16 janvier, par le car, avec les vélos dans la soute

* Le Sipar : petite ONG qui a créé et gère une maison d’édition, et un pole de 9 Bibliobus autour de Phnom Penh.
Cette association travail aussi avec un réseau de plus de 150 bibliothèques à travers le pays.
Bibliothèques qu’elle a créé, ou aidé à monter. Le Sipar est notre principal partenaire au Cambodge.

** Si vous voulez voir des gens qui font modestement de belles actions sur place : l’école Française de Kep, est autofinancée par son jeune directeur Sok. La crèche de Sihanoukville est gérée par un couple de Français qui après avoir payé les matériaux pour construire des maisons en bois dans 2 rues, ont récemment créé cette crèche, pour libérer les grands enfants de la garde des petits, afin qu’ils puissent aller à l’école.


La seconde boucle : Kompong Cham

Pour la seconde boucle : je suis parti seul à vélo sur les routes, Brigitte prenant le car, et m’attendant sagement à Kampong Cham (route de l’est du pays).
La première partie de ce parcours : de Phnom Penh à Kampong Cham s’est révélée très sportive. De la piste tout au long du trajet, avec des endroits très accidentés. Lors des grosses averses, je me réfugiais dans les gargotes que je trouvais. Dans l’une d’elle, je me suis protégé si longtemps, que j’ai pu faire ne animation presque entière pour un groupe de tous âges : enfants, adolescents et même quelques adultes.

Avec un jour et demi de pluie, (le fameux jour de pluie mensuel de la saison sèche) la latérite du chemin devenait une boue de plus en plus compacte, qui m’a fait chuter plusieurs fois, et qui immobilisait de plus en plus mon vélo.
En fin de journée, crotté jusqu’aux oreilles, j’ai fini par trouver refuge dans une sorte de petit hangar à foin, au cœur d’un hameau loin de toute Guest House où dormir. N’osant pas demander aux maisons un abri pour la nuit, je m’apprêtais à passer la nuit dans le foin, quand j’ai eu l’idée de jouer de la Flute pour signaler ma présence.
Des enfants sont venus, et restant debout sous la pluie, il m’écoutaient de l’autre côté du petit fossé qui séparait le hangar à foin de la piste de latérite. Voyant qu’au bout de trois morceaux de musique, ils restaient là à m’écouter, je leur ai lu en Khmer : Loup (de Olivier Douzou), puis Nage Petit Poisson (de Altan), puis Beaucoup de beaux bébés. Quand la lumière s’est mise à décliner d’un coup, j’ai continué par l’histoire à Doigts : Neuw Leu Vearlsmaw Ming Kniom (dans le pré de ma tante), puis encore quelques morceaux de flûtes, d’harmonica, et même la chanson avec percussion corporelle : Le petit Lucas (en français dans le texte).

La scène donc que je garde comme l’un des moments forts d’animation : moi, crotté de boue, assis dans le foin, lisant, jouant de la musique, racontant... de l’autre côté du fossé, les enfants debout sous la pluie fine ininterrompue (style crachin), qui m’écoutent et regardent les images.

Par moments des adultes venaient assister, puis repartaient. Jusqu’à ce qu’une femme, qui s’est révélée être enseignante, m’invite à dormir dans sa maison avec sa famille. Peut-être que de me voir lire des livres aux enfants et leur jouer de la musique l’aura mise en confiance.


Boucle de Siem Reap

Le trajet vers Siem Reap était en car, avec les vélos dans la soute.

Les vélos nous ont surtout permis de sillonner les temples d’Angkor, où nous avons fait des bribes d’animations aux petits vendeurs qui passent leurs journées à essayer de vendre aux touristes des boissons, des chapeaux, des éventails, des livres, des T-shirts...

Lors d’une virée dans la campagne autour de Siem Reap, alors que nous nous étions égarés jusqu’aux rives d’un étang, nous avons trouvé un groupe d’enfants qui jouaient dans l’eau avec un adolescent. Ils ont eu droit eux aussi à leur petite animation ! Mais pas vous aux photos, car le moment nous a semblé trop fragile pour la présence d’un objectif.

Le lendemain, nous avions notre animation programmée par le Sipar à la bibliothèque de l’ école publique.

L’après midi même, au bord de la rivière qui longe Siem Reap, à 2km au sud de la ville, un banc devant une maison fermée nous invite. Aucun enfant en vue... mais nous ne nous laissons plus impressionner par de telles apparences : nous sortons l’une des flûtes et quelques notes plus tard, plusieurs enfants arrivent des rues environnantes : l’animation peut commencer !

Dans le prochain épisode : le trajet en bateau vers Battambang, avec la plongée des vélos dans l’eau.

À Kampong Cham, on peut voit les photos des deux animations que nous avons données : l’une pour la bibliothèque du réseau du Sipar, l’autre, en impromptue sur une rive du Mékong. En prime, une photo du couché de soleil sur le Mékong.

Après avoir repris mes forces pendant 3 jours à Kampong Cham, je me suis remis en route sur la piste vers Chhlong.Brigitte m’a accompagné sur une vingtaine de Km. Peu après qu’elle ne fasse demi-tour et me laisse seul, je suis hellé en francais par un ancien directeur d’école qui m’invite à venir m’asseoir. Ils étaient un petit groupe d’adultes, dont il était le seul à parler francais. Je leur ai joué quelques airs, et lu quelques livres. Zoom, ce beau livre sans texte, de Itsvan Banyai, qui fait voyager d’une dimension à l’autre en faisant un zoom arrière vertigineux, les a fascinés.

J’ai failli repartir marié, car l’une des femmes, quand elle a appris mon âge, a voulu me caser sa copine.

Je pensais faire ce jour-là, sans trop de difficulté les 73 km qui me séparaient de Chhlong, et dormir tranquillement dans une Guest House . Surtout que le beau temps de saison était revenu. Mais les cahos du chemin se sont révélés des ralentisseurs puissants. Et j’ai du manger le midi chez quelqu’une, qui pour quelques centaines de Riels m’a fait deux plats de nouilles chinoises avec un peu de viande, et comme de nombreux enfants étaient venus voir cet étrange étranger que j’étais, en attendant que chaque plat cuise, puis refroidisse un peu, je leur ai fait, par morceaux, une bonne partie de l’animation.

Le soir, j’étais encore à 20 km de Chhlong. Un marchand de téléphones (un commerces très répendu au Cambodge), m’invite à dormir chez lui, et me fait manger dans le café du coin... un plat de nouilles chinoises. Comme des enfants étaient là, j’ai fait une animation d’une vingtaine de minutes.

Arrivé le lendemain matin à Chhlong, j’ai donné dans l’après-midi, une animation très classique pour la bibliothèque de l’école publique, du réseau du Sipar.

Boucle de Battambang

De Siem Reap à Battambang, nous prenons le bateau pour une traversée d’une dizaine d’heures. Très beau moment et très chaud… si chaud que les vélos, simplement posés sur le toit plutôt convexe du bateau, ont profité d’un tangage un peu plus fort que les autres, pour aller se rafraîchir dans la rivière. Le jeune homme qui conduisait le bateau l’a arrêté, et a piqué une tête. Grâce au treuil, et à un collègue à lui, il a pu repêcher nos montures, qui ont eu plusieurs heures pour sécher.

A Battambang, nous avons visité le lieu phare de la ville : l’association Phare Ponleu Selpak (Phare, lumière de l’art)*. Nous y faisons 3 animations. Dans la 3ème, l’un des responsables du centre de loisirs, lit l’album que je lui avais précédemment donné à préparer, et que je ne sais pas encore lire en Khmer : toujours rien ?

Et le soir, nous y voyons un beau spectacle de cirque.

Comme dans chaque province visitée, une animation organisée par le Sipar, est accueillie dans une bibliothèque scolaire du réseau.

Le lendemain, en visitant un vieux temple, nous rencontrons sans doute le guide le plus jeune de tout le Cambodge : il nous pointe du doigt ce que nous sommes en train de regarder, pour nous inviter à le regarder. Il faut bien qu’il fasse son travail de guide. Quelques lectures, HàD et musiques pour lui aussi.

Puis deux jeunes, l’œil pétillant nous abordent : après quelques Albums et H à D, le Petit Lucas, avec percussions corporelles, donnent envie à l’un de nous montrer une danse. Ce qui nous conduit à la création commune : flûte et danse.


* Une association montée par des Khmers aidés par leur ancienne professeur de dessin française, rencontrée plusieurs années plus tôt dans leur camp de réfugiés. Depuis 15 ans, ils font un travail formidable sur tout le village, en banlieue de Battambang, tant sur le plan social, qu’éducatif, et que de disciplines artistiques (allant jusqu’aux formations professionnelles : cirque, musique, peinture, dessins animés, design…) pour 400 élèves dans les disciplines artistiques, et 1400 enfants scolarisés gratuitement.


Mise à jour : 04/05/2010


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